Dominique Bassal
Biographie:
 

Ingénieur de son et compositeur, Dominique Bassal étudie la musique électroacoustique dans les années 1970, puis passe les 25 années suivantes en tant que gestionnaire de studio et réalisateur, dans l'univers rapace de la pop locale. Saturé de bassesses commerciales, de népotisme et de vulgarité, il retourne à l'électroacoustique en 2001, pour se retrouver tout naturellement investi d'une étrange "mission" : le transfert des savoirs et des techniques de l'industrie vers une pratique anémiée par le sous-financement et l'isolation académique, isolation qui a fini par générer un étrange culte de l'abscons.

Dominique Bassal est connu au sein de la communauté électroacoustique internationale pour son engagement passionné en faveur de la professionnalisation de la production de la musique d'avant garde. Son document de 70 pages, La pratique du mastering en électroacoustique, publié en français et en anglais dans eContact! 6.3 et sur le site Mac Music, de même que son prolongement multimédia, Mastering en électroacoustique : un état des lieux, dans eContact! 9.3, sont uniques en ce sens.

Depuis 2004, il est ingénieur de mastering de l'étiquette électroacoustique montréalaise empreintes DIGITALes, dont il a masterisé, en stéréo et en 5.1, l'essentiel des productions CD et DVD-A. Des séminaires présentant ses recherches ont été offerts à Montréal (Symposium Harvest Moon 2004, 2005 et 2006, Université Concordia). Durant l'automne 2007, Bassal a entrepris une tournée pan canadienne de séminaires de production électroacoustique, coordonnée par la CEC. Une tournée répétée a l'automne 2010, cette fois-ci au Royaume-Uni, durant laquelle il présente également en concert son album Ubiquité, paru en 2009 sur empreintes DIGITALes. L'album est finaliste pour le Prix Opus 2009-10: Disque de l'année. Un second album, Poupées mathématiques, sur la meme étiquette, a été publié depuis.

Une première au Québec, Poupées mathématiques est sorti, fin 2014, au format BluRay (musique seulement), en 7.1, 5.1 et stéréo, en haute définition (96 kHz / 24 bits, encodage sans perte DTS-HD Master Audio). Poupées mathématiques pousse encore plus loin le travail d'exploration musicale des voies de sorties hors de "l'impasse acousmatique". Car la qualité de son ne peut, à elle seule, faire oublier auprès du public des décennies d’abus d’opacité du langage, commis par la communauté électroacoustique. Le défi tient donc en quelques lignes; il y a le secours des textes habituels : supplication amoureuse, spleen petit-bourgeois, exaltation personnelle, etc; il y a l’apport des rythmes de danse préhistoriques et des combinaisons harmoniques presque toutes inventées au XVIe siècle. Les genres musicaux "approuvés" puisent dans ces recettes à pleines mains, mais elles sont incompatibles avec le propos acousmatique fondamental, qui est un propos de rejet du réel imposé et de construction d’ambiances utopiques, fascinantes et paradoxales. Mais sans ces recettes, peut-on intéresser musicalement le cerveau humain contemporain – peut-être le cerveau le plus formaté de tous les temps - ? Peut-on les recycler, ces recettes, ne serait-ce que pour exposer au grand jour leur absurdité renflée, leur sentimentalisme décérébré, leur autoritarisme cynique, leur moralisme élémentaire? Le temps de réconcilier le "public" avec l'idée d'une créativité "d'avant-garde" libérée des attitudes sonores "rebelles", des postures branchées et des prétentions intellectuelles en circuit fermé? Pour finalement rendre plus clair et plus incontournable le seul projet artistique qui vaille la peine d’être entrepris, celui d’éclairer la voie vers la fin de tous les abrutissements?

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